Allaitement et alcool : les deux peuvent-ils faire bon ménage ?

La femme doit-elle boire de l’alcool au cours de l’allaitement ?

Il peut arriver qu’une femme qui allaite encore son bébé soit prise d’une envie de boire au cours d’une occasion de réjouissance. Doit-elle boire ou s’abstenir ? C’est la question que se posent bien de femmes après leur maternité. Allaitement et alcool sont-ils pour autant incompatibles ? Interdiction stricte ou défense d’en abuser ? Nous savons tous que l’excès de l’alcool a des effets sur l’allaitement. Quels sont alors ces effets sur la lactation et sur le bébé ? Des réponses à ces questionnements permettront aux nouvelles mamans de prendre leurs dispositions.

Allaitement et alcool : quels sont effets sur la lactation ?

L’alcool qui passe dans le sang se retrouve à un même taux dans le lait maternel. Vous ne le savez peut-être pas, mais il existe une hormone qui déclenche le réflexe d’éjection, c’est-à-dire la sortie du lait hors du sein. On l’appelle l’ocytocine. Quelques heures après la consommation d’alcool, le taux d’ocytocine baisse en moyenne de 78%. Cette baisse entraîne une diminution du réflexe et du volume d’éjection. Le lait maternel sort donc difficilement et cela n’est pas profitable pour votre nourrisson.

Dans le même temps, il existe une autre hormone responsable de la fabrication du lait, la prolactine. À l’inverse de l’ocytocine, la consommation d’alcool par une femme allaitante provoque une augmentation du taux de prolactine à hauteur de 330%.

Il faut dire que l’effet de l’alcool sur les deux hormones est temporaire. Mais cela n’empêche que combiner allaitement et alcool peut avoir des effets néfastes sur la santé de votre bébé.

Votre bébé peut-il en souffrir ?

La présence d’alcool dans le lait maternel ne doit pas être prise à la légère. Il faut rappeler qu’un bébé est en réalité incapable de métaboliser de l’alcool. En conséquence, ses capacités à éliminer l’alcool sont trois fois plus basses que celles de l’adulte.

Du 3e mois de sa grossesse au 24e mois après sa naissance, l’organisation cérébrale de l’enfant se met en place. Durant cette période, l’alcool est susceptible de désorganiser le développement neurologique du nourrisson. Vous devez donc réfléchir à deux fois avant de combiner l’allaitement et l’alcool.

Généralement, lorsque l’alcool est présent dans le lait maternel les bébés tètent difficilement. À ce moment, on peut conclure que la quantité d’alcool contenue dans le lait est significative. La conséquence est que ces enfants à la longue se nourrissent moins avec une croissance lente.

En outre, un bébé qui consomme du lait ayant une forte teneur en alcool peut voir ses capacités motrices réduites. C’est ce qu’a démontré une étude réalisée par des chercheurs américains. Les capacités motrices de votre bébé diminuent de 4 à 5 % si vous consommez par exemple un verre de vin par jour. On peut donc comprendre que allaiter et boire de l’alcool peut présenter des risques pour votre un bébé.

Comment l’alcool s’élimine-t-il ?

Consommé de façon modérée, l’alcool est métabolisé en quelques heures. Il est en effet transformé en eau et en gaz carbonique. Cependant lorsqu’il est ingéré à hauteur de 150 g sur une courte période (dose excessive), cela nécessitera une élimination plus longue. Cette élimination est réalisée sous l’action du foie.

Lorsque la femme allaitante consomme de l’alcool à jeun, le passage de l’alcool dans le sang se fera plus rapidement. Quant à la baisse du taux d’alcool dans le lait, elle est en réalité proportionnelle à celle du sang.

Dès que le taux sanguin baisse, l’alcool présent dans le lait est rejeté automatiquement dans le sang. Extraire donc les premières sécrétions du lait dans l’intention d’éliminer l’alcool avant la tétée n’aura véritablement aucun impact sur sa rapidité d’élimination. Entre allaitement et alcool, il existe des possibilités de faire un compromis.

Allaitement et alcool : comment procéder ?

On dit souvent que prendre de l’alcool par moment peut faire du bien à l’organisme. Mais en toute chose, il faut de la mesure. En étant femme allaitante, il est tout à fait possible pour vous de prendre de l’alcool, sans toutefois porter atteinte au bien-être de votre bébé. Pour cela, vous devez consommer de l’alcool avec modération. Commencez déjà par espacer les prises d’alcool et les tétées. Lorsque vous prenez de l’alcool de façon modérée (1 à 2 verres), il est inutile de boire beaucoup d’eau pour faciliter son élimination.

L’idéal est d’attendre 2 à 3 heures avant la prochaine tétée. Il est même conseillé avant tout événement festif alcoolisé de tirer du lait « non alcoolisé » pour le conserver ou le donner au bébé. Dans le cas d’une consommation excessive, la femme allaitante doit observer un délai de 12 heures avant la prochaine tétée. Mais, il faut dire que l’élimination de l’alcool est liée à plusieurs critères comme la masse corporelle. Le délai de 12 heures n’est donc peut-être pas le mieux indiqué pour toutes les femmes.

Pour éviter de mauvaises surprises, il est souhaitable qu’une femme qui allaite évite de prendre de l’alcool. À défaut, il n’y a pas de mal à se munir d’un alcootest pour lait maternel. Dans tous les cas, obtenir l’avis de votre médecin serait d’une grande utilité.

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